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edmond de goncourt

escarpins et les habits noirs papillonnaient autour des robes décolletées, elle eut le flatteur hommage d’une lorgnerie unanime, dont elle apprécia tout l’émotionnement. Un des phénomènes psychiques les plus remarquables que provoquent les bals chez toutes les femmes, est le jaillissement d’un besoin subit de louanges, l’exacerbation de l’orgueil, l’allumement de la chair même la plus quiète et la plus lymphatique. Avec cet excès en tout qui est leur vertu, elles acceptent les moindres courtisaneries. Toutes leur sont bonnes, comme seraient semblablement bonnes à un affamé les gelinottes de chez Véfour ou les ratatouilles de chez le gargotier du coin.

Puis ce fut, pour Mmeͤ Loisel, le bal, avec ses enlacements berceurs au rythme d’un orchestre caché derrière un bosquet de gobéas, de palmiers et d’araucarias speluncas ; avec ses flirtages furtifs, ses étreintes en gants blancs ; ses passages d’une trémulation